Les quelque 300 passagers qui avaient pris place le 13 décembre 2026 à bord du Train du Père Noël ont certes bien profité de l’ambiance festive du voyage entre Les Aubrais, Vierzon, Bourges et Nevers. Mais ces voyageurs avaient-ils à l’esprit toute la préparation et la mécanique de précision qu’un tel voyage implique pour son organisation ?
On vous explique !
L’équipe Voyages définit le cadre et les coûts avant de publier
Comme pour toute circulation de la rame historique sur le réseau de la SNCF, tout commence par la définition, plusieurs mois à l’avance, du trajet, des impératifs liés au mode de traction (vapeur ou diesel), des attractions accompagnant le voyage, des prestataires à mobiliser.
Une fois définis la faisabilité du voyage et l’équilibre financier à atteindre, contact est pris avec la SNCF Réseau pour solliciter l’autorisation de circuler et connaître les horaires et les coûts des sillons sans lesquels aucun déplacement n’est possible. Une autorisation de principe est généralement donnée par la SNCF 6 à 8 semaines avant le voyage, tandis que les horaires précis ne sont dévoilés que quelques jours avant le départ.
Dès que ces paramètres sont connus, l’équipe Voyages met en place la commercialisation de ce voyage sur notre site internet et par des affiches ou des flyers disposés lors d’expositions ou de salons : cette étape a été précédée par la rédaction de la description du voyage et du codage du module vente à distance, ainsi que par la réalisation de visuels en versions numérique et papier.
Le rôle essentiel de l’Atelier et de ses compagnons
La préparation des locomotives et des voitures de la rame incombe à l’Atelier de l’AAATV-CVL situé dans l’ancien centre d’entretien des voitures SNCF de Fleury Les Aubrais.
Au cours de la séance des 28-29 novembre, la trentaine de compagnons répartis en trois équipes ont simultanément préparé :
- La locomotive diesel A1A A1A 68540 qui accompagne tous les trains a traction vapeur pour assurer un dépannage éventuel : les compagnons procèdent à la vérification des niveaux de fluides, des batteries, des auxiliaires et des transmissions ;
- La locomotive vapeur 141R840 qui fait l’objet d’un graissage des mouvements, du remplissage des sablières, de la vérification de tous les auxiliaires (pompes à air et carburant, turbodynamo, commandes diverses) et des enveloppes de chaudière ;
- Tous les véhicules composant la rame :
- fourgon chaudière – pour le préchauffage du combustible de la locomotive -,
- allège postale – qui sert de véhicule atelier et de génératrice de courant pour le chauffage électrique de la rame -,
- et les voitures voyageurs : état général, propreté, fonctionnement des équipements (dont les toilettes !) et des accastillages consacrés aux animations dans les voitures Bar et Club.
A la séance suivante de l’atelier (les 11 et 12 décembre), la préparation du train se poursuit.
- La 141R840 reçoit son carburant vert, livré par un camion à citerne préchauffée, ainsi que le traitement TIA (anticalcaire) de la chaudière ; l’occasion de vérifier les tuyaux de pompiers qui seront nécessaires pour le remplissage du tender en eau au cours du voyage. On rappellera que la locomotive consomme 1,5 à 2 tonnes de carburant aux 100 km et dix fois plus en eau !
Puis l’équipe des 4 compagnons qui servent la locomotive procèdent à l’allumage du foyer et à la montée en pression jusqu’à 15 atmosphères, ce qui prendra une vingtaine d’heures afin de ménager cette mécanique qui aura bientôt 80 ans. Parallèlement, l’équipe procède à une nouvelle campagne de graissage du train de roulement, au remplissage des graisseurs et huileurs automatiques et des réservoirs à huile des tête de bielles. - Simultanément, une équipe de 5 compagnons assure la préparation de la rame : les véhicules sont manœuvrés au locotracteur, tournés sur le triangle de voies du site des Aubrais et placés dans l’ordre de circulation ; puis les voitures sont attelés et la continuité assurée par le verrouillage des intercirculations, les branchements d’air et d’électricité.
L’indispensable logistique !
La veille du départ, la rame est également investie par les décorateurs venus poser guirlandes, boules de noël, peluches et sapin, notamment dans les voitures préposées aux animations : voiture Club pour les jeux des petits, voiture Bar pour la détente et la boutique. Ces voitures reçoivent également les appareils et les ingrédients pour assurer amplement la distribution des boissons chaudes, viennoiseries et crêpes qui recueillent toujours un franc succès auprès du public.
Au chapitre de l’avitaillement, on compte également les friandises et les sachets de goûter pour les jeunes passagers, ainsi que les repas des membres de l’équipage de la rame pendant tout le déplacement – petit déjeuner compris – , repas qui se prennent à bord de la voiture A4D, qui est la base de vie de l’équipage pendant les déplacements de la rame. Le 13 décembre au petit matin, la rame et son équipage sont fin prêts et sortent de l’atelier pour se garer à quai en gare de Fleury les Aubrais. C’est le moment où le Père Noël et ses lutin(e)s revêtent leurs habits de fête et où ils accueillent les animateurs Pudding & Sucre d’Orge venus leur prêter main-forte pour le bonheur de petits et grands pendant la journée.
Quand c’est fini, il y en a encore !
Le retour au bercail après l’émotion des adieux sur le quai des Aubrais ne sont pas la fin de l’histoire pour les bénévoles de l’AAATV-CVL. Il faut encore assurer le « repli », c’est-à-dire ranger la rame à l’atelier des Aubrais pour passer l’hiver jusqu’aux premières circulations de l’été.
Concrètement, cela implique un nettoyage complet de la rame, le rangement des décorations et matériels divers, puis les branchements d’usage pour assurer la sauvegarde du matériel pendant son immobilisation. Pour la 141 R 840 et le fourgon-chaudière la procédure est plus complexe puisqu’elle implique en plus la vidange complète de tous les réservoirs et espaces contenant de l’eau, le désembouage des points bas de la chaudière et des canalisations, leur rinçage et, pour finir, le séchage de tous ces compartiment à l’air comprimé. Ce n’est donc que le dimanche 14 décembre en fin de journée que les compagnons de l’Atelier et les bénévoles de l’AAATV-CVL peuvent souffler avec le sentiment d’avoir atteint une fois encore le but de notre association : préserver un patrimoine historique prestigieux et en faire profiter les voyageurs autour d’une expérience humaine qui ravi petits et grands !












